Claire et Solange, le fantasme de Madame

Claire et Solange, le fantasme de Madame

Variation autour des Bonnes de Jean Genet

Par la Cie Jusqu’au Souffle

Adaptation transdisciplinaire pour 2 comédiennes, 2 chanteuses et 2 danseuses
Version courte : 35mn – Version longue : 1h20

Production : Association Réponse XX-XXI

Adaptation et mise en scène collective

Direction : Lucie Delpierre

Contact : Lucie Delpierre | 06 85 18 78 47 | lucie.delpierre@gmail.com

La pièce

 

«Ces (…) Bonnes (…) déconnent ? Comme moi chaque matin devant la glace quand je me rase, ou la nuit quand je m’emmerde, ou dans un bois quand je me crois seul (…) Il faut les surprendre, soit dans leur solitude, soit dans celle de chacun de nous.»

«Leur œil est pur, très pur, puisque tous les soirs, elles se masturbent et déchargent en vrac, l’une dans l’autre, leur haine de Madame.»

«C’est un conte, c’est à dire une forme de récit allégorique (…) il faut à la fois y croire et refuser d’y croire (…)»
Jean Genet, Comment jouer Les Bonnes.

Nourrie de ces mots empruntés à Genet, « Claire et Solange, le fantasme de Madame » est une adaptation transdisciplinaire des Bonnes.

Le chant et la danse, viennent ici à la rencontre du texte, pour en lire les dimensions cachées, fantasmées par lesBonnes.
Entre duos et duels, les six femmes au plateau explorent les rapports organiques et rêvés de ces trois personnages: Claire, Solange, et leur fantasme de Madame…

Cette pièce est une divagation, une sombre mascarade, un jeu d’enfant un peu trouble. Pleines de leurs paradoxes, entre haine et désir, entre trivialité et envolées oniriques, nos bonnes jouent. Madame est partout, car «Madame est bonne, Madame est belle, Madame est douce». Madame les obsède, Ma-
dame est aux bonnes, ce que les sirènes sont à Ulysse…

Seulement, personne ne les retiendra lorsque leur jeu deviendra plus fort que la réalité…

Note d’intention

Claire et Solange, le Fantasme de Madame, est né en 2016, du désir de Lucie Delpierre de proposer une lecture transdisciplinaire de l’œuvre Les Bonnes de Jean Genet.
Sensible à l’univers de Genet qui oscille sans cesse entre trivialité et sublime, entre esthétisme poétique et sexualité pulsionnelle, la metteure en scène a vu dans cette pièce l’occasion d’explorer un thème qui lui est cher : celui de la nature humaine, dans ce qu’elle fait à la fois de plus beau et de plus sombre.

Ici, le langage du corps est au moins aussi fort que celui de la parole.

Le travail, à la frontière entre théâtre, danse et textures (de la matière et de la voix), est mené de manière sensible, sur la finesse de l’écoute et des sensations des interprètes, sur la confiance et la cohésion du collectif de travail.
Chaque individu s’exprime dans tout ce qu’il est, dans sa discipline et au delà.

La lumière et l’espace sont des complices de cette approche sensible du travail théâtral ; les recherches autour de la voix en ce qu’elle peut être vecteur de texture sonore ou d’univers musical, en ce qu’elle est, elle aussi expression d’un corps organique, ainsi que les recherches autour de la matière terre dans une scénographie modulable, sur laquelle les interprètes ont une influence, sont autant d’élément qui participent à l’écriture de plateau de cette adaptation, comme un tissage scénique.

L’intention de la mise en scène est l’exploration des rapports organiques entre les trois personnages de la pièce, dans l’univers onirique que peuvent induire les mots de l’auteur.
La véritable Madame a disparu, mais reste cependant une présence évanescente et omniprésente au plateau.
La frontière avec le réel est ténue, l’univers du jeu de Claire et Solange prend toute la place, et tous les éléments au plateau viennent renforcer cette illusion, symbole d’une réalité déformée.

Ainsi, l’alliance des corps et des voix au plateau dans une démarche artistique propre à la compagnie Jusqu’au souffle, offre-t-elle une exploration nouvelle de l’œuvre abordée.

 

Télécharger le dossier de diffusion (format pdf) :  Les Bonnes/2017

 

Quelques images :

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